ETF, liquidité, macro : les vrais moteurs du marché
Depuis l’arrivée des ETF au comptant aux États-Unis, les mouvements de prix de Bitcoin dépendent largement des entrées et sorties de capitaux dans ces fonds. À titre d’exemple, le iShares Bitcoin Trust (IBIT) de BlackRock détient plus de 800 000 BTC, soit davantage d’influence que n’importe quel portefeuille individuel.
Parallèlement, la liquidité sur les exchanges a atteint un creux de six ans, avec seulement 2,83 millions de BTC disponibles. Cela signifie que chaque gros ordre a un impact amplifié, surtout en période de volatilité. Ainsi, même des volumes modérés peuvent provoquer des mouvements disproportionnés.
Autre facteur à surveiller : les indicateurs macroéconomiques, tels que l’indice du dollar, les taux d’intérêt US et l’appétit global pour le risque. Ils influencent la direction quotidienne du marché, bien souvent davantage qu’un mouvement isolé de baleine.

Les baleines n’ont pas disparu, mais leur impact est plus discret
Les baleines continuent d’avoir un rôle, mais leur stratégie a évolué. Pour éviter de perturber le marché, elles passent désormais par des desks OTC ou scindent leurs ordres, réduisant ainsi leur visibilité sur les carnets d’ordres publics. La croyance selon laquelle une transaction de baleine va provoquer une hausse fulgurante est donc souvent exagérée.
Des études montrent que les grosses entités tendent à vendre dans les phases haussières, plutôt qu’à les initier. Cela contribue à limiter les rallyes plutôt qu’à les accentuer. À titre d’exemple, un « OG whale » a récemment vendu plusieurs milliers de BTC pour acheter 4 milliards de dollars en ETH, illustrant une rotation stratégique d’actifs plus qu’un pumping du marché.
La concentration de l’offre en BTC se situe désormais davantage du côté des ETF, des institutions et des custodians, et non plus chez des individus isolés. Ce changement modifie la structure du marché et demande aux investisseurs de suivre de nouveaux indicateurs, comme les flux d’ETF, les positions ouvertes sur les dérivés ou encore les taux de financement.
En somme, pour lire correctement le marché aujourd’hui, il faut aller au-delà du mythe des baleines, et s’intéresser à des signaux structurels bien plus puissants.

