Entre feu vert américain et bannissement roumain
Polymarket, dirigée par Shayne Coplan, avait déjà été contrainte de cesser ses activités aux États-Unis en 2022, à la suite d’un accord avec la CFTC. Depuis, l’entreprise travaille à se conformer aux exigences réglementaires pour pouvoir reprendre légalement ses opérations sur le territoire américain.
Mais pendant ce temps, la Roumanie adopte une position ferme. L’Office national roumain des jeux de hasard (ONJN) a placé Polymarket sur sa liste noire, invoquant une activité de pari non autorisée, qu’elle soit en lei ou en cryptomonnaie. Pour les autorités, il ne s’agit pas d’une question technologique, mais de licence légale : parier sur des résultats futurs, même via blockchain, est assimilé à un jeu d’argent réglementé.
Ce bannissement pourrait servir d’exemple à d’autres pays européens, où les régulateurs surveillent de près les plateformes mêlant finance décentralisée et jeux d’argent, même sans fiat.

La régulation fragmentée freine l’expansion des prédictions Web3
L’affaire souligne le manque d’harmonisation mondiale autour des plateformes de prédiction décentralisées. Tandis que certains pays, comme les États-Unis, s’ouvrent lentement à leur régulation via des accords structurants, d’autres, comme la Roumanie, choisissent l’interdiction pure et simple.
Cela crée une situation où les utilisateurs peuvent accéder à la plateforme dans certains pays, tout en étant bloqués dans d’autres juridictions. Pour Polymarket, ce défi juridique risque de freiner l’adoption globale, même si l’entreprise parvient à respecter les normes américaines.
Cette affaire rappelle que le succès des projets Web3 ne dépend pas seulement de la technologie, mais aussi de leur capacité à naviguer dans un paysage réglementaire complexe, changeant et parfois hostile.

