Une réglementation incomplète aux États-Unis
La loi GENIUS impose l’audit annuel des émetteurs, un adossement complet en dollars et une surveillance fédérale. Mais la Fed alerte sur de nombreuses échappatoires réglementaires. Certains projets se déclareraient « stablecoins » tout en bypassant les obligations, créant ainsi une zone grise juridique.
Le risque d’arbitrage réglementaire est réel, selon Michael Barr. Des acteurs pourraient profiter des différences entre lois d’État et fédérales, comme ce fut le cas avec FTX avant son effondrement. Ce flou affaiblit la confiance dans les stablecoins américains, surtout en cas de panique des investisseurs, où l’absence de filet de sécurité pourrait provoquer un effet « bank run ».

L’EUROD, réponse européenne à la domination du dollar
Lancée par la banque ODDO BHF, la stablecoin EUROD ambitionne de réduire la dépendance au dollar dans l’écosystème crypto. C’est une stratégie monétaire offensive, alignée sur la volonté de souveraineté financière européenne, dans un secteur encore largement dominé par USDT et USDC.
En cas de succès, l’Europe pourrait redéfinir les zones d’influence dans l’économie numérique. Les stablecoins adossés à l’euro, au yuan ou à d’autres devises viendraient fragmenter un marché jusqu’ici unipolaire. Ce rééquilibrage des monnaies numériques rappelle la fragmentation que Bitcoin et les altcoins ont déjà imposée au système financier classique.
Les utilisateurs crypto sont donc face à une alternative stratégique : continuer à se reposer sur des stablecoins américains à la réglementation incertaine, ou diversifier vers des solutions plus localisées, comme l’EUROD, quitte à affronter une liquidité plus faible, mais potentiellement plus stable.

