Une mutation vers des crimes structurés et géopolitiques
En 2025, plus de 154 milliards de dollars ont transité par des portefeuilles liés à des activités illégales. Les stablecoins comme USDT ou USDC et même des alternatives non-dollar ont remplacé le Bitcoin grâce à leur vitesse, stabilité et intégration mondiale. Cette évolution permet aux acteurs malveillants de déplacer des fonds de façon discrète, rapide et efficace, en contournant les systèmes bancaires.
Chainalysis identifie une nouvelle phase dans l’histoire du crime crypto : après les hackers isolés, puis les mafias numériques, voici l’ère des États. Des pays comme la Corée du Nord, la Russie, l’Iran ou la Chine utilisent désormais des stablecoins dans des stratégies d’évasion de sanctions, de blanchiment ou de cyberattaque, avec des volumes records. Un exploit sur Bybit attribué à la Corée du Nord aurait généré plus de 2 milliards de pertes, principalement en stablecoins liquides.
La Russie a introduit un stablecoin indexé au rouble pour bypasser les restrictions financières, tandis que l’Iran s’en sert pour financer des groupes alliés via des ventes de pétrole. En Chine, des réseaux criminels structurés proposent des services complets de blanchiment, avec infrastructure, escrow et coordination internationale.

Le crime numérique devient aussi physique
Ce rapport souligne une escalade préoccupante : les vols de cryptomonnaies s’accompagnent désormais de violence physique. En 2025, des centaines de cas d’enlèvements, d’agressions et de menaces armées ont été recensés, souvent durant des pics haussiers du marché. Les criminels ciblent directement les détenteurs de clés privées pour s’emparer des fonds.
La convergence entre actifs numériques, États voyous et violence réelle redéfinit la nature même des risques. Les stablecoins, initialement conçus pour la stabilité, deviennent des outils de contournement systémique, attirant l’attention des agences de renseignement.
Ce changement de profil implique une surveillance accrue, non plus seulement par les régulateurs, mais aussi par les organes de sécurité nationale. Le prochain cycle crypto s’annonce sous haute tension géopolitique et sécuritaire.

