Les autorités françaises alertent sur l’inaction persistante
Selon l’AMF, environ 30 % des entreprises crypto sans licence européenne n’ont donné aucun retour sur leur statut, malgré un rappel envoyé en novembre 2025. À seulement six mois de la fin de la période transitoire, cette absence de communication inquiète le régulateur, qui redoute une rupture réglementaire brutale dans l’écosystème français.
En parallèle, 40 % des acteurs déclarent ne pas vouloir déposer de demande, tandis que seulement 30 % ont enclenché les démarches. Celles qui resteront sans licence devront mettre fin à leurs activités à partir de juillet 2026, conformément au calendrier prévu pour la France.
L’ESMA impose à toutes les entreprises non autorisées un plan de fermeture ordonnée. Ce processus vise à limiter les perturbations pour les utilisateurs et les marchés. L’inaction actuelle pourrait compromettre la stabilité opérationnelle de certaines plateformes et affecter la confiance du public.

Vers une supervision européenne plus centralisée
La Commission européenne envisage de transférer la surveillance du secteur crypto à l’ESMA, pour unifier la régulation dans les 27 pays membres. Cette réforme accorderait à l’organisme des pouvoirs proches de ceux de la SEC aux États-Unis, renforçant la cohérence des règles à l’échelle européenne.
La France soutient activement ce changement. En septembre 2025, l’AMF avait averti qu’elle pourrait bloquer l’accès à certaines plateformes étrangères pourtant enregistrées dans d’autres pays de l’UE. La présidente de l’AMF, Marie-Anne Barbat-Layani, plaide pour une supervision harmonisée coordonnée depuis Paris, afin d’éviter les arbitrages réglementaires.
Des entreprises comme Circle, Coinbase, OKX, Crypto.com, Binance et Revolut ont déjà obtenu leur licence MiCA. Leur avance réglementaire leur confère un avantage concurrentiel net, alors que d’autres acteurs risquent d’être exclus du marché européen pour non-conformité.

