Un report pour protéger l’innovation européenne
Lors du sommet sur la souveraineté numérique à Berlin, Emmanuel Macron a annoncé une initiative conjointe franco-allemande visant à retarder l’entrée en vigueur des obligations réglementaires les plus lourdes du texte. Le président appelle à utiliser ce délai pour accélérer l’innovation, et non la freiner. La ministre française déléguée au numérique, Anne Le Hénanff, a renchéri en soulignant que l’AI Act, dans sa forme actuelle, comporte trop d’incertitudes juridiques, freinant les entreprises européennes, à forte croissance.
Le ministre allemand Karsten Wildberger a lui aussi appuyé cette position, évoquant un besoin urgent de flexibilité réglementaire face à un secteur technologique en mutation rapide. Selon lui, revoir les règles régulièrement est essentiel pour que l’Europe reste compétitive.

La Commission divisée, le Parlement sous pression
Le Parlement européen reste partagé sur la question. Certains députés estiment qu’un report affaiblirait la crédibilité de l’Union, donnant un signal de faiblesse face au lobbying industriel. D’autres, plus pragmatiques, défendent une application progressive, soulignant que sans normes techniques finalisées, les entreprises ne peuvent pas se conformer efficacement aux exigences prévues.
Le Danemark et Bruxelles soutiennent également un assouplissement. Le Danemark souligne que les petites entreprises ne sont pas prêtes, tandis que Bruxelles propose de retarder les sanctions pour non-conformité jusqu’en 2027. L’objectif serait de laisser le temps d’adopter des standards clairs sans bloquer l’activité économique.
Ce débat met en lumière une tension croissante entre régulation anticipée et innovation agile. Dans un contexte de rivalité technologique mondiale, l’Europe joue une partie serrée : garantir la sécurité tout en favorisant l’émergence de champions IA européens. Le calendrier législatif final sera donc déterminant.

