Une puissance énergétique absorbée par le mining
Le Texas est devenu l’un des plus grands centres de minage de cryptomonnaies au monde. D’après l’Electric Reliability Council of Texas (ERCOT), ces installations consomment déjà environ 2 600 mégawatts, soit autant que la ville d’Austin lors d’une journée estivale. Les projets à venir pourraient ajouter 5 000 MW de demande supplémentaire, un volume capable de peser fortement sur le réseau d’ici quelques années.
En 2023, la loi SB 1929 a instauré l’obligation pour les sites consommant plus de 75 MW de s’enregistrer auprès de la PUC avant février 2025. Ces déclarations devraient contenir des informations détaillées sur les exploitants et leurs infrastructures. Pourtant, malgré cette exigence, aucune donnée n’a été rendue publique. La PUC refuse de les communiquer, même après que le bureau du procureur a jugé la demande des médias légitime.
- Consommation actuelle : 2 600 MW (équivalent Austin en été)
- Projets annoncés : 5 000 MW supplémentaires
- Date butoir d’enregistrement : février 2025

Des enjeux dépassant les frontières texanes
L’affaire texane s’inscrit dans un contexte mondial où le minage industriel soulève des interrogations sur la sécurité énergétique. Plus de 55 % de l’activité mondiale est encore liée à du capital, du matériel ou de l’expertise chinoise, malgré l’interdiction de 2021 en Chine. Les fabricants Bitmain, Canaan et MicroBT, qui produisent 99 % du matériel, ont déplacé leurs lignes de production aux États-Unis, contribuant à faire passer la part américaine du hashrate mondial de 4 % en 2019 à 38 % aujourd’hui.
D’autres pays sont également confrontés à cette pression sur leurs réseaux. En Iran, par exemple, le gouvernement estime que le mining représente jusqu’à 20 % du déséquilibre énergétique national. Dans ce contexte, la bataille juridique au Texas dépasse le simple cadre de la transparence administrative : elle pose la question de l’équilibre entre développement économique, sécurité des infrastructures et stabilité énergétique.

