Une directive clé ignorée par plusieurs États membres
La directive DAC8, adoptée en octobre 2023, impose aux plateformes d’échange de collecter et transmettre aux autorités fiscales des informations détaillées sur les détenteurs de cryptomonnaies. Pourtant, douze pays, dont la France, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et la Grèce, n’ont toujours pas transposé cette législation dans leur droit national, malgré une obligation d’application au 1er janvier 2026.
Cette inaction met en péril l’harmonisation fiscale européenne, tout en entravant la traçabilité des revenus issus des actifs numériques. Bruxelles exige une réponse dans les deux mois, faute de quoi une procédure d’infraction pourrait être engagée. Cette menace montre clairement que la tolérance réglementaire est terminée, et que l’UE entend imposer une conformité stricte à l’ensemble de ses membres.

Vers une surveillance fiscale renforcée pour les investisseurs crypto
L’objectif affiché de DAC8 est de lutter contre l’évasion fiscale liée aux cryptoactifs, en rendant obligatoire le reporting automatique des mouvements de portefeuille. Les utilisateurs européens seront désormais identifiés et suivis par leur identifiant fiscal national, rendant l’anonymat quasi impossible sur les plateformes conformes.
Pour les investisseurs particuliers, cela marque un tournant majeur. Toute opération crypto, même sur des DEX ou des wallets non custodials, pourrait être indirectement concernée à travers l’interconnexion des régulations fiscales et KYC. Cette évolution pousse de plus en plus d’acteurs à anticiper un renforcement du contrôle fiscal en 2026, avec des sanctions potentielles pour non-déclaration.
Alors que la crypto reste encore un espace perçu comme libre, ces initiatives renforcent l’ancrage réglementaire du secteur, réduisant les zones grises. Les plateformes, comme les utilisateurs, doivent désormais composer avec un nouveau cadre de surveillance qui s’étend à toute l’Union européenne.

