Les sénateurs américains Elizabeth Warren et Bill Cassidy souhaitent garantir que les agences fédérales disposent de tous les outils nécessaires pour suivre les transactions en cryptomonnaies liées à la vente de contenu d’abus sur enfants.
Dans le cadre de cette initiative visant à éradiquer le CSAM, on a demandé au Département de la Justice (DOJ) et au Département de la Sécurité Intérieure (DHS) de dévoiler leurs compétences techniques actuelles.
Les sénateurs ont cité une étude de Chainalysis datant de janvier 2024, qui suggérait une augmentation de l’utilisation des cryptomonnaies dans le commerce illicite de CSAM. Selon l’étude, il a été découvert que les vendeurs de matériel d’abus sur enfants utilisent des services de mixage (mixer) et des privacy coins (cryptos se concentrant sur l’anonymat) comme Monero (XMR) pour blanchir leurs profits et échapper aux forces de l’ordre.

Dans une lettre adressée au procureur général Merrick Garland et au secrétaire à la Sécurité Intérieure Alejandro Mayorkas, les sénateurs américains ont sollicité des informations sur les compétences actuelles du DOJ et du DHS pour détecter et poursuivre ces crimes.
« Les réglementations actuelles de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) et les stratégies des services de police éprouvent des difficultés à identifier et à prévenir efficacement ces délits. »
Il est bon de savoir que la lettre contenait six questions, dont trois visaient à évaluer les conclusions indépendantes des agences fédérales sur le lien entre les cryptomonnaies et le CSAM. Les autres visaient à identifier le besoin de nouveaux outils pour identifier et poursuivre les vendeurs et acheteurs. Les sénateurs ont demandé une réponse à ces questions avant le 10 mai.
Il est également essentiel de souligner que la capacité technique actuelle du DOJ à examiner les transactions en cryptomonnaies a conduit à l’inculpation de la bourse de cryptomonnaies KuCoin et de deux de ses fondateurs. Pour info, le 26 mars, le Département de la Justice (DOJ) a inculpé KuCoin et ses deux fondateurs pour « conspiration en vue d’exploiter une entreprise de transfert d’argent sans licence » et pour violation de la loi sur le secret bancaire ou BSA.
« En ne mettant pas en place des politiques de base de lutte contre le blanchiment d’argent, les accusés ont permis à KuCoin d’opérer dans l’ombre des marchés financiers et d’être utilisé comme un refuge pour le blanchiment d’argent illicite. »
D’après le Département de la Justice, KuCoin a reçu plus de 5 milliards de dollars et a transféré plus de 4 milliards de dollars considérés comme des « fonds suspects et criminels ».

