Un indicateur révélateur : –36 milliards de dollars de flux sortants
Le 1-Year Cumulative Buy/Sell Quote Volume Difference, un indicateur élaboré par CryptoQuant, mesure la différence entre les ordres d’achat et de vente sur les altcoins (hors Bitcoin et Ethereum).
Actuellement, il affiche un solde de –36 milliards de dollars, ce qui signifie que les ordres de vente dépassent massivement les ordres d’achat sur ces actifs.
Interprétation :
Cet indicateur sert à jauger l’appétit du marché pour les altcoins. Lorsqu’il est positif, cela signifie que les investisseurs entrent sur le marché. Lorsqu’il est négatif, comme aujourd’hui, cela traduit des sorties de capitaux massives, donc un désintérêt marqué.
Ce même indicateur était passé dans le vert en décembre 2024, juste après le halving du Bitcoin, signalant un regain d’intérêt. Mais la dynamique s’est inversée brutalement depuis.
L’altseason : une mécanique rythmée mais absente
Dans les cycles haussiers précédents, la séquence est bien connue :
- Bitcoin flambe après un halving, attirant les capitaux.
- Une fois le prix stabilisé, les profits sont partiellement réinjectés dans Ethereum.
- Enfin, les investisseurs se tournent vers des actifs plus spéculatifs : altcoins de niche, memecoins, tokens sectoriels (IA, gaming, DeFi…).
Mais cette fois, le moteur s’est arrêté à la première étape. Le Bitcoin progresse, mais la rotation vers les autres actifs ne suit pas.
Pourquoi c’est un problème ?
- L’Altcoin Season Index, un baromètre de cette dynamique, est bloqué sous les 30, alors qu’il faut au moins 75 pour parler de véritable altseason.
- La dominance de Bitcoin est trop forte (64 % du marché), étouffant la visibilité et les volumes des autres projets.
- L’appétit pour le risque est limité, et même Ethereum a du mal à convaincre sur la durée, malgré une surperformance ponctuelle par rapport au BTC sur 90 jours.
Ethereum donne des signaux faibles mais encourageants
Certains analystes remarquent une légère hausse du ratio ETH/BTC (actuellement à 0,02405), ainsi qu’une meilleure performance d’Ethereum par rapport à Bitcoin sur le trimestre écoulé.
Ces signes peuvent annoncer un début de rotation du capital, mais ils sont encore trop faibles pour être interprétés comme un retournement durable. Ethereum reste en terrain incertain, à la merci de décisions réglementaires et de conditions de marché changeantes.

Des vents contraires sur le plan macroéconomique
Plusieurs éléments freinent le mouvement vers les altcoins :
- Taux d’intérêt élevés : ils rendent les actifs risqués moins attractifs.
- Politique monétaire restrictive : la réduction de la masse monétaire limite la liquidité disponible.
- Absence de catalyseurs réglementaires : les investisseurs institutionnels restent prudents.
Les analystes estiment qu’un retour en force des altcoins pourrait intervenir si :
- la Réserve fédérale commence à baisser ses taux,
- la dominance de Bitcoin diminue,
- ou si Ethereum déclenche un rallye autonome.
Sinon, le vrai bull run des altcoins pourrait être repoussé à 2026.
Quelles perspectives pour les investisseurs ?
Même si les altcoins semblent au ralenti, cela ne signifie pas que le marché est mort. L’histoire des cycles crypto montre que les phases de stagnation précèdent souvent des hausses explosives.
À surveiller dans les prochains mois :
- Une stabilisation du Bitcoin autour de niveaux élevés sans nouvelle poussée.
- Un retour des volumes sur Ethereum avec des fondamentaux renforcés.
- Des projets altcoins innovants qui réussissent à créer de l’intérêt hors des tendances majeures.
Les investisseurs patients, stratégiques et attentifs aux données on-chain comme celle des flux nets ont des opportunités à moyen terme. Mais tant que le signal des –36 milliards ne s’inverse pas, le train de l’altseason reste à quai.

